06 mars 2012
Podcast n°1 : Interview de Yann Vu-Dinh, un errant solitaire qui a une vie exceptionnelle
Le blog évolue et pour la première fois, je publie l'interview
d'une personne sous format audio.
Le sujet porte sur Yann Vu-Dinh, le frère cadet de
France Vu-Dinh, la dernière victime, au corps toujours disparu
aujourd'hui, du célèbre tueur en série italien des années 80 :
Yann a vécu près de 10 ans à la rue durant la première partie
de sa vie et se définie comme un errant solitaire.
Cette rencontre entre lui et moi fut improbable, et son
parcours existentiel est tout simplement exceptionnel.
Je lui ai naturellement proposé une intreview pour revenir
sur cette période haute en couleur à travers des questions
simples sur la vie SDF de son époque et son avis sur le sujet
de ce dernier.
Mais trève de blabla, je vous laisse découvrir ce premier
podcast de près d'1h15 intitulé :
Interview de Yann Vu-Dinh, un errant solitaire qui a
une vie exceptionnelle

Voici les éléments complémentaires au podcast :
- Adresse du blog de Yann Vu-Dinh :
http://unpasseportpourlavie.over-blog.com/
- Si certains connaissent l'auteur du journaliste dont
nous faisons référence à propos du chemin itinérant
qu'il a effectué dans les lieux forestiers, je suis
preneuse (merci de me l'inscrire dans les commentaires)
Je vous en souhaite une bonne écoute, et n'hésitez pas
à donner vos réactions ci-dessous également !
Bien à vous,
Linoa Lamour
18:21 Écrit par Linoa Lamour dans Podcast | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note |
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16 février 2012
Un an déjà...
Et voilà ! Premier anniversaire de ce blog qui fête ses un an
bel et bien entamé !

Petite rétrospective de cette expérience en 365 jours
que je souhaite partager avec vous :
- Des rencontres en tout genre et tout horizon ;
- Des interviews données et réalisés sur le net et j'ai
même été approchée par un réalisateur de l'émission
Envoyé Spéciale sur France 2 ;
- Beaucoup d'amour et de chaleur (je n'ai pas passé une
seule nuit dans le froid implacable de cet hiver
indescemment glacial malgré mon statut inchangé) ;
- 8 mois sur 12 d'écriture dans ce blog sans l'avoir
abandonné ;
- Des disputes, des réconciliations, des ruptures, des
ouvertures, des querelles, des sourires, des agressions,
des partages, des séparations, des rapprochements,
des scissions, des alliances, des pertes, des retrouvailles,...
En somme, la vie... qui suit son court ;
- De grandes découvertes positives sur le système
européen quant à l'impuissance d'une main prise sur
les SDF (je vous raconterai une autre fois...) ;
- Une dizaine d'articles pour ce blog déjà en préparation ;
- Deux livres en cours d'écriture sur le feu, deux films
aussi, la création d'une association dont je parlerai
prochainement, et un court-métrage destiné à ce blog
à terminer... ;
- Une vie sociale bien remplie et une vie personnelle à
gérer aussi.
A vrai dire, cela m'amène à réaliser que le fait d'être
Sans Domicile Fixe ne m'exclut en rien du bonheur,
ni de mes objectifs, ni de ma construction personnelle.
J'ai en revanche constaté que dans tous les milieux
socio-professionnels, ceux qui peuvent en dire autant
se comptent sur le bout des doigts et en général, il
y a toujours quelque chose qui cloche pour vous
empêcher de vivre l'instant et d'être heureux.
Le statut est un leurre et le choix de programmer son
mental dans le bon sens, comme celui d'être
satisfait de soi et de sa vie (ou de la changer si ce
n'est pas le cas), ne dépend que de VOUS.
Pour ma part, même si je prends note des remarques
qu'on peut me faire, je continue à ne regarder que du côté
positif afin de ne pas parasiter mon propre bonheur qu'il
soit identique à celui des autres... ou pas.
Pour ces un an, je tiens à vous offrir un petit cadeau. Il s'agit
d'un poème anonyme que j'ai vu accroché sur le mur d'une
boutique Bio quand j'ai séjourné en Guadeloupe, mais qui
serait trouvable sur la toile :
"Recommence…
Même si tu te sens fatigué,
Même si une erreur te fait mal,
Même si une trahison te blesse,
Même si une illusion s’éteint,
Recommence…
Même si la douleur te brûle les yeux,
Même si on ignore tes efforts,
Même si les larmes de l’échec coulent dans tes yeux,
Même si tu te sens incompris,
Recommence…
Même si l’injustice semble toujours avoir le dessus,
Même si tu sens la peur au plus profond de toi,
Même si les autres abandonnent,
Même s’il faut en payer le prix,
Recommence…"
Merci pour votre fidélité, merci de croire en moi, merci
de lire ce blog, merci d'être tout simplement vous.
Affections,
Linoa Lamour
13:26 Écrit par Linoa Lamour dans Anniversaire | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note |
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31 octobre 2011
Un bisou s'il vous plaît ?
Aujourd'hui je vais vous raconter une histoire récente
singulière, une histoire que même en fouillant dans les
abîmes de mon côté créatif je n'aurai jamais pu inventer
en tant que scénariste, une histoire qui montre le monde
dans lequel nous sommes au quotidien en ce 21ème
siècle...
J'étais à Paris près de la gare de Lyon, le soleil brillait
encore, quand un SDF m'interpella : "Excusez-moi, vous
avez deux minutes s'il vous plaît ?". J'étais pressée mais
qu'est-ce que cent-vingt misérables secondes dans une
vie ? Je m'arrête.
Il mendiait et a fait de même avec moi. Je lui réponds
négativement, je lui souris et lui souhaite une bonne
journée. Et là, il me demande comme dans un
emportement de dernier espoir : "Et vous n'auriez pas
un bisou... s'il vous plaît ?". Euh... quoi ?! Mon cerveau
déraille. Le train de ma pensée s'interrompt. Je suis
tellement étonnée par cette phrase, que j'ai cru mal
comprendre, que je lui suggère de répéter. Il
s'excécute : "Oui, juste un bisou ! S'il vous plaît !".
A ce moment-là, je ne réfléchis plus et lui donne cette
bise si convoitée. Cette fois, c'est lui qui est surpris car
il ne croyait pas une seconde que je puisse accepter. Il
manifeste sa joie chaleureusement : "Merci, merci ! On
manque tellement d'amour dans notre condition vous
savez... Ce n'est pas facile tous les jours...".
Quand j'entends ces mots, instinctivement, je le serre
fort dans mes bras. Et lui caresse les cheveux. Le dos.
Il s'est mis à pleurer. Il était ému, sans doute, d'un tel
élan d'affection de ma part. Cela a duré quelque chose
comme trente secondes et j'ai senti que peu à peu, il
se relâchait. Ses épaules se détendaient.
En tant que SDF, même si chaque parcours de vie est
unique, je sais exactement ce qu'il a ressenti. Les câlins ?
Nous ne connaissons pas ou très peu. L'affection ? C'est
tellement rare que cette notion est parfois presque
oubliée, pour ne pas dire tout le temps. La solitude ? Il vaut
mieux la cultiver positivement puisqu'on se doit de vivre
avec. Pleurer ? La vie nous a appris à dissimuler nos
faiblesses donc à montrer le moins possible quand ça
ne va pas. L'échange ? Dans les capitales particulièrement,
il y a ce masque de froideur qu'on ne trouve nulle part
ailleurs (Paris, Londres, Québec, Edimbourg,
Antananarivo,... Le résultat est le même : le paradoxe
est que c'est si cosmopolite que c'en est trop anonyme...)
où personne ne prend le temps de prendre le temps...
Prendre le temps d'écouter pour cesser d'avoir peur de
l'être humain. Prendre le temps de partager même très
peu, l'essentiel est de le faire à son humble niveau.
Prendre le temps d'observer notre environnement pour
y déceler la substantifique moelle chaque jour. Prendre
le temps de sourire à la vie et ne plus voir le mal à la
moindre occasion. Prendre le temps de se remettre en
question quant aux idées reçues. Prendre le temps de
s'écouter respirer et être en bonne santé tout
simplement...
Le fait d'avoir été surprise par la question de cet homme
me choque pour deux raisons : d'une, parce que le
cerveau n'est pas habitué à recevoir une telle
information (alors que pourtant tout le monde connaît
le concept de "Free Hugs"), de deux, parce que, tout
compte fait, c'est la première fois de ma vie que
j'entends ça alors qu'il s'agit d'un caractère propre à la
nature humaine. Donc qui devrait être plus courant.
Cette expérience m'a secoué. Voilà dans quel monde
nous sommes aujourd'hui... Moins on donne de soi,
plus on est rassuré. Pfff... Rassuré de quoi ? Au juste ?
D'être centré sur un "moi je..." pour se flatter l'ego ?!
Vous, on doit vous écouter mais les autres...
A quel titre un inconnu doit être moins entendu qu'une
personne que vous connaissez déjà ? Puisqu'avant de
la connaître, elle était tout aussi inconnue à vos yeux
finalement...
Vivre au jour le jour dans ma condition choisie me
permet de réaliser tout cela, d'être dans la vie en
permanence et de simplement saluer la providence de
m'accorder un jour de plus sur Terre. C'est tout ce qui
compte car à y réfléchir, personne ne sait de quoi
demain est fait.
Une fois l'accolade donnée, cet homme s'est essuyé les
yeux d'un revers de main comme gêné de m'avoir
présenté cette facette-là de lui. Il m'a souri, m'a dit que
je me suis gravée dans son coeur et que j'ai été sa
lumière du jour. Quelle merveilleuse reconnaissance !
Une banale journée qui s'est transformée en date
extraordinaire... Car lui aussi m'a marqué et en
l'écrivant ici, il s'est ancré en moi pour toujours...
Je vous souhaite des bisous, des bisous, encore des
bisous, et rien que des bisous. Il n'y a pas d'âge pour
en donner, pas de moment pour en recevoir, pas de
temps pour s'exécuter, pas de tergiversation pour se
lancer.
Plein de bisous à vous,
Linoa Lamour
13:26 Écrit par Linoa Lamour dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note |
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